Scènes. Entrez dans la danse

Paru dans Besançon Votre Ville
Publié le 07/01/2010 - 19:14


Contemporaine ou jazz, inspirée de la rue, du cirque ou du music hall, la danse investit les scènes bisontines en ce début d’année. L’occasion de céder à la curiosité et de découvrir de véritables petits bijoux.

C'est avec un drôle de chorégraphe que débutent les festivités : Pierre Rigal. Dès le 5 janvier, pour trois soirs et deux spectacles, il investit la scène du Théâtre Musical avec Press puis Asphalte. Homme à part dans le monde de la danse, Pierre Rigal est passé par l’athlétisme de haut niveau, les maths, l’économie et le cinéma avant de se faire une place dans le monde de la danse. « C’est un athlète esthète, un artiste complet qui suit son étoile et dégage beaucoup de sérénité », estime Loïc Boissier, directeur du Théâtre Musical, ravi de l’accueillir. Les 5 et 6 janvier, l’homme est à l’affiche avec Press, un solo créé à Londres et pour lequel il a puisé son inspiration dans la culture anglaise. Il nous conte sa vision du monde des affaires, les traders et autres business men de la City pressés par le système. « On est entre performance et danse. Le jeu de la contrainte dans l’espace est magnifique. C’est fascinant, assez drôle et très abordable. Ça lui ressemble », résume Loïc Boissier. Autre ambiance avec Asphalte, créé au festival Suresnes Cités Danse 2009 et présenté ici dans sa version longue. C’est la quatrième création de Pierre Rigal mais la première qu’il n’interprète pas. L’artiste est là chorégraphe et a fait venir dans son univers cinq danseurs hip hop qui évoluent devant un bloc de lumière. Les mouvements sont précis, l’image très travaillée et la rencontre du hip hop avec la danse contemporaine convaincante et surprenante.

Dès le 12 janvier et pour trois soirs, un autre chorégraphe à ne pas manquer au Théâtre de l’espace : Thomas Hauert. Avec sa Compagnie Zoo, il présente Accords. Grand nom de la danse contemporaine européenne, ce Suisse installé à Bruxelles vient pour la première fois à Besançon. Dans Accords, il poursuit son travail sur le corps et le mouvement débuté avec sa compagnie il y a 12 ans. Mais cette fois, il met en exergue le lien entre musique et mouvement. Travailler avec Thomas Hauert, c’est travailler autrement. « Il aime beaucoup plancher sur l’improvisation, qui donne plus de liberté et permet d’utiliser la créativité de chaque danseur », explique Marie- Hélène Créquy, chargée de la programmation au Théâtre de l’Espace. Dans cette pièce, quatre femmes et trois hommes endossent à tour de rôle le statut de leader. Les mouvements, instaurés par lui sont immédiatement repris par les autres. « Thomas Hauert est le créateur de l’unisson improvisé. Ça demande énormément d’écoute de la part des danseurs et pour le spectateur, c’est très ludique. On se prend très vite au jeu de trouver qui est le chef ». Et Marie-Hélène Créquy d’ajouter : « ce n’est ni figuratif, ni narratif mais cependant très accessible car ça raconte les corps, les mouvements et le plaisir du mouvement ».

Du 26 au 30 janvier, la Compagnie Zimmermann & De Perrot prend le relais au Théâtre de l’Espace avec Öper Öpis. « C’est la quatrième fois qu’on les accueille et ils sont toujours très attendus. La dernière fois, c’était pour Gaff Aff, en 2008 ». Dans son ultime création, le tandem zurichois, toujours critique et caustique, se penche sur l’équilibre de la relation entre deux êtres. Il a fait appel à des artistes venus du milieu circassien. Ils sont sept au total à se partager la scène. « On est dans un milieu où tout bouge, où le maintien de l’équilibre est un exercice hautement périlleux », commente Daniel Boucon, directeur du Théâtre de l’Espace. Détonnant mélange de danse, de musique, et d’acrobatie, Öper Öpis est très physique et va vite. Pour clore “ce mois de la danse”, le Théâtre Musical invite les Ballets Jazz de Montréal (BJM). Compagnie internationale en perpétuelle tournée dans le monde entier, BJM fait escale à Besançon le 28 janvier pour y présenter deux pièces en une même soirée : Les chambres de Jacques, d’Aszure Barton, et Rossini Cards, de Mauro Bigonzetti. Mêlant danse jazz et technique classique, la vingtaine de danseurs qui compose le ballet évolue sur Vivaldi, de la musique tzigane ou Gilles Vigneault dans la première pièce et sur du Rossini exclusivement dans la seconde. De l’électro de Rigal à Rossini, de son hip hop à l’unisson improvisé de Hauert, en passant par la folie de Zimmermann & De Perrot, la danse se décline et s’affiche dans tous ses états pour mieux nous séduire et nous surprendre. L’année commence très bien.


+ d'info
Evénement(s) Accords (Compagnie Zoo)
Asphalte (Pierre Rigal)
Ballet Jazz de Montréal
Öper Öpis (Compagnie Zimmermann & De Perrot)
Press (Pierre Rigal)
Structure(s) Théâtre musical de Besançon (Le)
Théâtre de l'Espace - Scène nationale de Besançon