Musique libres 2009

Editorial
Publié par Philippe Romanoni le 27/09/2009 - 09:44


C’est dans la position du missionnaire – au sens voltairien du terme, je vous rassure tout de suite – qu’on nous reconnaît le plus volontiers en raison de notre insistance à défricher les sentiers de l’innovation musicale. Cette posture – qui, dans un tout autre registre, n’a vraiment rien d’innovant – et notre acharnement devraient nous permettre d’être reconnus d’utilité publique. Rien moins. Mais oui !

Hélas, ce sont plutôt, et de plus en plus, les projets relevant de la futilité publique qui sont prioritairement soutenus par des pouvoirs publics pour qui la pensée du nombre pousse à confondre ce qui compte avec ce qui se compte et qui sont convaincus que l’image est plus importante que le message. On comprend mieux le rejet des électeurs.

Ailleurs, certains de nos collègues ont disparu ou sont en grande difficulté (NPAI à Niort, Musique Action à Vandoeuvre-les-Nancy, les Instants Chavirés à Montreuil, Musiques Innovatrices à St. Etienne…). Ici, nous avons la chance de pouvoir continuer. Pour l’instant. Mais nous n’avons pas vocation à être parmi les derniers des Mohicans. Alors, cette édition, avec son lot habituel de concerts, de danse, de théâtre musical, de poésie sonore fera la part belle à l’humour, mais aussi à la voix et aux mots. Les mots pour le dire, les mots qui disent les maux, les mots qui sont les sons, aussi, surtout.

Mourra bien qui rira le dernier prédisait en parodiant Prévert. Autrement dit, l’humour est la politesse du désespoir. Sauf que, selon les circonstances, nous ne sommes pas toujours sûrs de rester polis, que nous ne sommes en rien désespérés et que nous préférerons toujours le rire au pire ou, pour paraphraser Romain Rolland : «Il nous faut allier le pessimisme de l’intelligence à l’optimisme de la volonté.»


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Dans le cadre de Festival des musiques libres 2009