Cabinet de curiosités
- Mardi, 20 Avril, 2010 - 20:30 - 23:00
- Mercredi, 21 Avril, 2010 - 19:00 - 22:00
- Jeudi, 22 Avril, 2010 - 19:00 - 22:00
- Vendredi, 23 Avril, 2010 - 14:30 - 17:30
- Vendredi, 23 Avril, 2010 - 20:30 - 23:00
Pour marquer les 20 ans de la Compagnie L’Artifice, Christian Duchange a demandé à Fabrice Melquiot de tricoter une fable sur les coulisses. Autour des mots du poète, le metteur en scène a brodé avec les siens un décor à tiroirs, des effets très spéciaux et quelques lumières cinématographiques. En résidence pour trois saisons au théâtre de l'Espace, la Compagnie L'Artifice investit notre plateau pour présenter l'envers du décor du spectacle vivant comme une grande cour de récréation entre émotions, rires, utopies et légèreté.
Une mise en abîme du théâtre
«Notre histoire commence dans les loges quelques minutes avant l’entrée en scène. Chacun y cultive la même peur qui se traduit par différents maux de ventre. Ah les tripes d’un acteur ! Dans les coulisses de la représentation, à défaut d’évacuer leur stress, les comédiens laissent aller leur imagination. Se raconte alors en eux une histoire curieuse et pleine de rebondissements. Les troubles intestinaux deviennent propices à des fabrications de l’esprit.
Le public est témoin d’un récit qui s’est déployé à une telle vitesse qu’il doit maintenant traverser les miroirs et suivre les acteurs dans leur voyage sous l’océan, dans les profondeurs du théâtre, d’île subaquatique en île subaquatique. Remonteront-ils à la surface avant le début du « vrai » spectacle qui les attend ?
Une sorte de parenthèse s’est ouverte, faite de morceaux de lieux traversés, de mémoires d’instants vécus, d’images et de mots inoubliables, pour offrir aux spectateurs notre théâtre comme on ouvre son cabinet de curiosités.»
Christian Duchange, metteur en scène
La Compagnie l'Artifice
«La compagnie essaye de faire du théâtre, l’exercice permanent et réfléchi de la marginalité. Non pas comme l’instituteur qui juge, depuis la marge, le centre de la page, mais plutôt comme une nécessité de préserver cet endroit à l’écart, qu’est le théâtre, comme une part du monde et non comme un monde à part, dirait Antoine Vitez.
La compagnie aime un théâtre qui autorise à la fois l’émotion et la prise de recul, un théâtre fait de résonances et de raisonnements, qui provoque, en chacun, cette « émotion qui pense » si nécessaire à la lecture et à l’écriture de nos trajectoires.
Un théâtre qui rencontre, le temps d’une re-présentation, toutes sortes de publics ; où, toutes les couches de la société, comme ailleurs ou autrefois, trouvent l’espace et le temps de se refaire des forces pour assumer son difficile travail d’humanité.
Les poètes aident la compagnie dans cette tâche. Ils sont professionnels ou amateurs, écrivains ou « écrivants », d’hier et d’aujourd’hui.»
Christian Duchange
La Compagnie l’Artifice se définit comme une famille d’artistes mus par le même désir de faire du théâtre pour le jeune public et surtout pour tous les enfants que redeviennent volontiers les adultes enchantés par ses spectacles. Elle a permis de dépasser l’image mièvre et sclérosée d’un théâtre jeune public pour proposer des spectacles qui abordent des thématiques douloureuses et profondes (la mort, les limites…) sublimées par le biais de l’art. Le pari réussi de la compagnie est celui de proposer des créations simples sans être simplistes qui touchent tous les publics parce qu’elles osent nous faire rire de nos peurs et de nos craintes les plus profondes.
En 2009/2010, après la création récente de Nam Bok, le hâbleur de Jack London, l’Artifice amplifiera son appel aux « éloignés » avec deux nouvelles créations d’auteurs contemporains, dans et hors les murs des théâtres, dédiées aux jeunes des collèges et lycées et poursuivra, en écho, son action de sensibilisation au théâtre, en particulier dans le cadre de sa seconde année de résidence au théâtre de l’Espace, Scène nationale de Besançon.
Christian Duchange
De 1975 à 1990 Christian Duchnage est instituteur et conseiller pédagogique. Durant cette période, sa pratique amateur de metteur en scène et de comédien se nourrit de diverses expériences : participant puis animateur de rencontres internationales de jeunes durant le festival d’Avignon, stagiaire comédien aux ateliers de formation du Centre Dramatique National de Dijon, animateur metteur en scène d’une troupe d’enfants et d’adolescents dans une maison des jeunes et de la culture…
Des «passeurs» de génie dans l’éducation populaire, comme les C.E.M.E.A en Avignon et dans la profession théâtrale, comme les ateliers de formations du C.D.N du Dijon dirigés par Solange Oswald, révèlent, accompagnent et amplifient son désir de théâtre.
À partir de 1986, cette dernière l’invite à diriger un atelier de formation pour amateurs au C.D.N de Dijon, qu’il conduira quatre années durant. Il poursuit parallèlement sa formation personnelle par des rencontres et stages avec Michel Azama, Catherine Anne, Dominique Pitoiset et Jean Luc Lagarce.
En 1990, il crée la Compagnie l’Artifice. Les projets de création de la compagnie s’orientent majoritairement vers le jeune public. Que le spectacle soit nécessaire au plus grand nombre même s’il trace un «cercle d’attention» différent pour chacun. En vingt ans il montera
«Nam-bok le hâbleur» d’après J. London (1990), «Léonce et Léna» de G. Buchner (1992), «Histoires d’Animaux» d’après une sélection d’albums pour enfants (1993), «revenants, mémoires vive contre l’exclusion» choix de textes à travers différentes époques et styles littéraires (1995), «Crasse-Tignasse » de H. Hoffmann traduit par F. Cavanna (1998), «Le pire du troupeau» commande d’écriture à C. Honoré (2001), «Yvonne, princesse de Bourgogne» de Gombrowicz (2003), «Lettres d’amour de 0 à 10» d’après le roman de Susie Morgenstern (2005) premier Molière décerné à un spectacle jeune public, «l’Ogrelet» de Suzanne Lebeau (2006), nominé aux Molière et aux Masques Québéquois, «Cendrillon» opéra baroque de JL. Laruette et L. Anseaume (2008), «Nam-bok le hâbleur» d’après J. London (2009) joué au théâtre de l’Espace la même année.
Des « créations partagées » viennent nourrir et compléter ces spectacles
Elles traduisent une volonté de partager autrement un geste artistique avec le public. Elles invitent le plus souvent une population à l‘écriture et donnent l’occasion à la parole ainsi recueillie de s’inscrire dans les formes d’un théâtre chaque fois réinventé par les professionnels accompagnant ces démarches.
«Oratorio pour douze exclus» avec des jeunes en insertion (1993), «Une chasse au Snark» avec des personnes âgées et des jeunes (1996), «Quétigny 10 000 écrivains, une ville à histoires» avec toute la population d’une ville (1997), «Opéra, Nos contes d’Hoffmann» avec des élèves d’un collège, des chanteurs et des musiciens professionnels du monde lyrique (2000), «Le Grand Ramassage Des Peurs», tentative de recyclage des peurs comme objets encombrants, travail d’écriture et restitution pour tous les habitants d’un quartier (2001, 2002 et 2003).
Depuis 2007, s’ajoute la création de formes brèves… Il initie avec sa compagnie l’Artifice, une série de spectacle appelés «spectacles 50/50, pour un théâtre en dehors des théâtres». Ces miniatures théâtrales pouvant se jouer partout, lui permettent de travailler avec de petites équipes de créations sur des temps très courts, selon des coûts de production réduits et de poursuivre encore et autrement l’élargissement des publics qu’il juge indispensable à l’avenir du théâtre.
«Aucassin et Nicollette» anonyme 11° siècle (2007), «Un malheur de Sophie» extrait de la comtesse de Ségur (2008), «l’histoire de Ronald, le clown de chez Mac donald» de R. Garcia et « les égarements du cœur et de l’esprit» adapté de Crébillon fils par J.L. Lagarce et « la guerre racontée aux enfants» extrait des contes de Nosaka Akiyuki.
Fabrice Melquiot
Fabrice Melquiot vient d’une petite ville de Savoie, Modane, où il est né en avril 1972. Après avoir obtenu un baccalauréat audiovisuel, il suit une formation d’acteur sous la direction de Julie Vilmont puis travaille en tant que comédien au sein de la Compagnie des Millefontaines, dirigée par Emmanuel Demarcy-Mota.
En marge de son activité théâtrale, Fabrice Melquiot se consacre à l’écriture. Il entame à ses débuts une collaboration avec France Culture. Ses premiers textes jeune public, «Les petits mélancoliques» et «Le jardin de Beamon» (1998) sont publiés à l’Ecole des loisirs et diffusés sur France Culture. Il reçoit le Grand Prix Paul Gilson de la Communauté des radios publiques de langue française et, à Bratislava, le Prix européen de la meilleure œuvre radiophonique pour adolescents.
L’auteur propose de renouveler le théâtre contemporain pour la jeunesse. Très vite, l’Arche Editeur est intéressé par le travail de l’homme de théâtre reconverti en auteur théoricien. C’est ainsi que cette jeune maison d’édition voit le jour, à travers les publications de l’artiste.
En 2001, «Perlino Comment» inaugure la collection Théâtre Jeunesse de L’Arche Éditeur. En 2002, «Bouli Miro» est mis en scène par Patrice Douchet au Théâtre des Jeunes Années à Lyon, et en 2003 par Christian Gonon au Studio-Théâtre de la Comédie-Française. La suite des aventures de Bouli, «Bouli redéboule», a été présentée, toujours à la Comédie-Française en 2005/2006.
Cette maison d’éditions a depuis publié une trentaine de ses pièces : «L’Inattendu» (2001), «Percolateur Blues» et «La Semeuse» (2001), «Le diable en partage» et «Kids» (2002), «Autour de ma pierre il ne fera pas nuit» et «La Dernière Balade de Lucy Jordan» (2003), «Ma vie de chandelle» (2004), un recueil de trois monologues : «C’est ainsi mon amour que j’appris ma blessure», «Le Laveur de visages» et «L’Actrice empruntée» (2004), puis «Exeat» et «Je rien Te deum» (2005), «Marcia Hesse» (2005), enfin, E»n somme !» (2008) et F»aire l’amour est une maladie mentale qui gaspille du temps et de l’énergie» (2008)…
En 2002, il vient à la mise en scène par son ancien professeur, Emmanuel Demarcy-Motta, et le rejoint à la Comédie de Reims comme « auteur associé ». Y seront créés «L’Inattendu» et «Le Diable en partage», pièce sur le destin des hommes et des femmes qui se sont vus confrontés à l’éclatement de la Yougoslavie.
En 2003, Fabrice Melquiot reçoit d’ailleurs le prix SACD de la meilleure pièce radiophonique, le prix Jean-Jacques Gauthier du Figaro et deux prix du Syndicat national de la critique : celui de la meilleure création d’une pièce en langue française pour Le Diable en partage, et celui de la révélation théâtrale de l’année.
Associé pendant six ans au metteur en scène Emmanuel Demarcy-Mota au Centre Dramatique National de Reims, Fabrice Melquiot voit ses pièces montées au Théâtre de la Bastille et au Théâtre des Abbesses à Paris. Cette collaboration se poursuit désormais au Théâtre de la Ville à Paris.
En 2008, il a reçu le Prix Théâtre de l’Académie Française pour l’ensemble de son oeuvre.
Son écriture dramatique se démarque par sa dualité intéressante : un savant mélange de langage cru, violent et d’une poésie remarquable aux accents lyriques. Le style de cet artiste ne laisse pas indifférent et force l’admiration tant il possède une qualité d’évocation, vecteur d’une émotion toujours renouvelée. Justesse du propos donc et force stylistique et dramatique qui ne laissèrent pas la critique indifférente.
Mise en scène : Christian Duchange.
Texte : Fabrice Melquiot.
Compagnie L'Artifice - Dijon.
Avec : Anne Cuisenier, Pascal Delannoy, Géraldine Pochon, Philippe Poisse et Laure Seguette
Production : Compagnie L’Artifice, théâtre de l’Espace / scène nationale de Besançon, TNJ / centre dramatique national de Lyon, La Coupole / scène nationale de Sénart, Théâtre de Laval.
Organisé par Théâtre de l'Espace - Scène nationale de Besançon
Web www.theatre-espace.fr
Place de l'Europe
25000 Besançon cedex
Représentation du jeudi 22 avril proposée en audio-description pour le public malvoyant. Réservation indispensable auprès d’Anne Bouchard au 03 81 51 03 12. Réservation représentation scolaire : contactez-nous à partir du 21/09 au 03 81 51 03 12.











