Sonorama. Panorama sonique
Près de 300 artistes, une soixantaine de propositions artistiques spectaculaires, quatre directeurs artistiques, des installations, des événements rares et uniques, voilà ce que nous réserve Sonorama, paysage sonore, panorama sonique, qui fera, pendant quatre jours et trois nuits, de la place de la Révolution jusqu’à la friche des Prés-de-Vaux en passant par le quartier Granvelle, un état des lieux de la création contemporaine en matière d’arts plastiques, d’arts de la rue, de musique(s), d’expérimentation sur le son, tous les sons. Bienvenue dans Sonorama !
Ne soyez pas en retard ! Car c’est à 18 heures, le jeudi 8 octobre à la Gare d’Eau que débutera le premier acte de Sonorama, La Mascleta, par la compagnie espagnole Xarxa Teatre. Spectacle pyrotechnique emblématique de la culture valencienne, La Mascleta, partition musicale écrite à partir d’explosions, sera un moment rituel exceptionnel, comme le promet Jean-Marie Songy, l’un des quatre directeurs artistiques de Sonorama: « Il s’agit de la porte d’entrée du festival, de son premier spectacle, si l’on excepte les installations qui elles seront accessibles dès le matin et pour la durée du festival. La Mascleta est un spectacle court, de sept minutes seulement, mais qui prend les tripes, met en tension les esprits grâce à une intensité croissante d’effets sonores et visuels. C’est la préparation idéale pour quatre jours de fête et de musique ! »
Galvanisés par l’art traditionnel des artificiers catalans, les festivaliers pourront ainsi se frotter à une programmation intense, une déambulation qui les mènera de la place de la Révolution, lieu des grands rendez-vous, jusqu’au quartier Granvelle puis jusqu’au Présde-Vaux, lieux des “Nuits de la Friche”. « Il se passera toujours quelque chose, précise Vincent Carry co-directeur artistique de Sonorama.
De la musique non-stop, quasiment 24 heures sur 24. Besançon est pour nous quatre un terrain de jeux fabuleux. Nous avons eu un vrai coup de coeur pour cette ville que nous ne connaissions que très peu. L’environnement est très beau, et la ville dispose d’un vrai potentiel grâce à son équipement, ses ressources et ses artistes de grande qualité. C’est la ville idéale pour y organiser un festival que l’on peut faire pratiquement à 100 % à pied. »
Depuis un an, quatre “mousquetaires”, Vincent Carry, militant de la première heure des musiques électroniques, conseiller artistique de la Gaîté à Paris ; Jérôme Delormas, directeur général de la Gaîté ; Philippe Franck, défenseur des croisements interdisciplinaire
art/société/technologie, fondateur de City Sonics, festival des arts sonores à Mons, en Belgique et Jean-Marie Songy, acteur incontournable dans le domaine des arts de la rue et directeur artistique de nombreuses manifestations d’envergure (Furies à Châlons-en-Champagne, festival d’Aurillac) se sont associés sur un projet ambitieux : « faire résonner Besançon, l’arraisonner, la sonner, opérer une tentative de déstabilisation sonore des espaces communs », expliquent-ils d’une même voix. En croisant leurs univers respectifs, différents et pourtant complémentaires, les quatre mousquetaires veulent établir pendant quatre jours une nouvelle cartographie de la ville où se croiseront arts de la rue, arts sonores et numériques, musiques électroniques, arts contemporains, DJs, VJs (DJs vidéo), artistes et musiciens des scènes électroniques, rock, hip hop et autres créateurs interdisciplinaires. « C’est un mélange improbable des genres, approuve Philippe Franck, et pourtant tout fait sens et contribuera à créer un organisme vivant qui va embraser la ville. Ce sera le son sous tous ses aspects, et pas que de la musique. Qu’il soit pluriel ou hybride, le son dans l’urbain constituera la colonne vertébrale d’un parcours ponctué d’événements. Une dizaine d’installations, sonores et numériques donneront l’envie de déambuler. Il s’agit d’accidents poétiques, de métamorphoses, de parcours ludiques, prospectifs et participatifs faits de hamacs, de stéthoscopes, de massages sonores et de safaris qui donneront envie de «rêver» cette ville, de lui donner un autre rythme, une autre pulsation, une autre lecture. »
Réunir ces quatre acteurs très spécialisés de secteurs très pointus autour d’une même table aurait pu passer pour un projet fou. Pourtant, un seul et même état d’esprit anime les directeurs artistiques de Sonorama : mettre en évidence la richesse culturelle contemporaine. Avec une autre ambition résumée par Vincent Carry : « le but est de donner une dimension nationale, voire internationale à Sonorama, d’en faire un vrai grand rendez-vous, populaire et pas démago. » Pour y parvenir, les quatre mousquetaires ont ainsi mobilisé leurs réseaux, alerté les artistes pour imaginer une grande expérience sensorielle. Bien sûr, les meilleurs du genre seront présents : Générik Vapeur et Xarxa Teatre, références européennes du théâtre de rue grand format ouvriront et fermeront la parenthèse d’un événement attendu ; le japonais surdoué DJ Krush, Carl Craig ou encore Raekwon, le plus connu et talentueux mc’s du Wu Tang Clan, ainsi que la fine fleur de l’électro house et funky française et américaine animeront les Nuits de la Friche, aux Prés-de-Vaux ; Pierre Giner et son hallucinant dance floor virtuel et Acid Brass, fusion d’acid house et de brass band traditionnels anglais investiront la place de la Révolution. Quelques jours avant que les premiers sons ne retentissent, les quatre directeurs artistiques ne cachent pas leur excitation, à l’image de Jérôme Delormas : « Je suis très curieux de ce que cela va donner et des réactions. C’est toujours une étrange alchimie qui fait la réussite d’un tel événement, mais je dois dire
que j’ai de bonnes vibrations, je suis optimiste. Sonorama est pour nous l’occasion d’inventer quelque chose de très spécifique, et pour le public l’occasion d’aller piocher dans une diversité, se laisser tenter par des expériences étranges et intimes, mais aussi par des rassemblements collectifs. Il faudra prendre le temps de parcourir la ville, car c’est là que notre projet prend tout son sens, c’est le paysage de l’agglomération dans son ensemble qui est activé par les sons divers et variés des artistes. C’est une expérience globale et plurielle. »
Laboratoire, champ d’expérimentation, espace de liberté et d’expression autour du son, des rythmes, « pagaille urbaine », pour reprendre l’expression de Jean-Marie Songy, panorama sonore… Sonorama sera un peu tout ça, et plus encore, un temps de transversalité et de résonnance entre des expériences artistiques qui n’ont pas forcément l’habitude de se croiser. Quatre jours pour (dé) montrer que la culture ne peut pas se limiter à telle ou telle démarche exclusive et cloisonnée, et dans laquelle le public à toute sa place, parfois spectateur et souvent acteur. « Le public, quel qu’il soit, est toujours l’horizon, précise Jérôme Delormas. Sonorama est une adresse à un public, il n’a rien de spécialement difficile, ni codé, ni snob. Il est plutôt généreux et je sais que le public est bien souvent beaucoup plus curieux que l’on pourrait le croire a priori.
Nous sommes tous les quatre des gens qui, chacun à sa manière, n’hésitent pas à travailler pour un large public. » Un large public que ces quatre artisans, ces quatre orfèvres ne vont pas hésiter à bousculer ! « Nous allons prendre beaucoup de risques, nous mettre en déséquilibre, programmer les artistes que nous aimons, proposer pas seulement un événement esthétique et étincelant, mais redessiner la ville en un grand paysage sonore… », déclare Jean-Marie Songy. N’oubliez pas : cette parenthèse sonore s’ouvrira jeudi 8 octobre à 18 heures très précisément…
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Dans le cadre de Sonorama 2009. Besançon, Paysage sonore











