Le drap au Nouveau Théâtre

Paru dans Diversions
Publié par Bertrand Demornieux le 27/01/2012 - 16:06


Laurent Fréchuret adapte pour la scène le roman d’Yves Ravey Le drap. L’auteur y racontait la mort de son père, empoisonné par les produits toxiques manipulés dans l’imprimerie où il avait travaillé. Cette lente intoxication, le père n’en parlera pas. Et peut-être faut-il voir dans l’épure de l’écriture cette pudeur du père qui se refusera longtemps à évoquer la maladie. L’auteur lui, parle de ce mal, outrepassant le tabou de la mort de l’être cher. Par l’écriture hier, par le théâtre aujourd’hui à travers l’adaptation de Laurent Fréchuret, avec dignité et retenue, à travers la relation simple comédien/public.  

La simplicité de l’écriture pour raconter une vie simple à travers le partage d’anecdotes, qui au final composent une existence. 

La scénographie s’accorde tout naturellement avec le texte qui dépeint une épreuve à laquelle tout un chacun est confronté un jour ou l’autre.

« L’acteur est le livre. Si vous ouvrez le livre, vous entendez sa voix » écrivait récemment Yves Ravey. C’est bien une voix particulière à l’écriture de l’auteur que le comédien Hervé Pierre porte ici. « La lecture est un acte de pudeur, si c’est pour livrer tant de choses intimes au public » ajoute l’écrivain.

Seul en scène, Hervé Pierre ne dispose  que de sa voix et du texte d’Yves Ravey pour faire revivre le père le temps de la pièce. Laurent Fréchuret cite Paul Ricoeur dans Vivant jusqu’à la mort : « On ne se débarrasse pas des morts, on n’en a jamais fini avec eux » faisant écho à l’acte d’écriture, l’acte de création de manière générale qui fait revivre les êtres perdus, ici à travers l’invocation de souvenirs à Baume-les-Dames dans les années 60.

 


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Evénement(s) Le drap
Structure(s) Nouveau Théâtre, Centre Dramatique National de Besançon et de Franche-Comté