Aldebert à la Rodia
Après J'ai 10 ans, album constitué principalement de vieux morceaux réarrangés différemment et de quelques morceaux lives, Aldebert et sa troupe de joyeux drilles délivrent fin octobre 2011 leur dernier bébé : Les Meilleurs Amis. La tournée éponyme vient tout juste de commencer ; un an et demi de concerts en vue. Et quel meilleur endroit pour ouvrir les festivités que la ville de Besançon si chère à l'artiste ? Présent à la Rodia jeudi 26 janvier pour l'occasion, Culture Besançon revient sur ce concert et la carrière de l'artiste en sa compagnie.
Temps pluvieux. Soir de semaine. Qu'importe! Le public a répondu présent en ce jeudi 26 janvier puisque la salle est quasiment pleine. Le temps pour Caroline Beley, jeune compositrice bisontine, de présenter quelques titres de son album 'Envie de Dire' accompagnée de son guitariste, et voilà que débarquent Guillaume et sa troupe.
"C’était cohérent de créer ce nouveau spectacle à Besançon, d’une part parce que toute l’équipe ou presque, est originaire de la cité comtoise et d’autre part parce que la Rodia propose un formidable outil en terme de prestations (salle de répètes, studio, matos, loges, scènes, catering…). Nous sommes restés une petite vingtaine de jours à construire ce show avec tout ce que cela comprend (arrangements, filage, lumières, mix, décors, scénographie…) et nous voilà prêts pour un nouveau tour de France. Nous gardons de ces premières prestations un souvenir ému, l’intensité était d’autant plus forte que le spectacle était tout frais et le fait de commencer à la maison impose une certaine pression également. Tout cela nous conforte dans l’envie de faire vivre cette tournée le plus longtemps possible."
La première chose qui saute aux yeux, aussi bien pour les habitués que ceux qui découvrent l'univers musical d'Aldebert, est la présence d'un écran géant derrière la scène. Remplissage visuel pour certains, cette façade tient ici de la véritable démarche artistique. Celle qui sert littéralement la musique et participe habilement à la mise en scène, celle qui créé un lien intimiste avec les spectateurs. Concrètement, l'écran sert notamment à introduire et clôturer le set avec comme toile de fond le bar parisien entrevu dans le livret du dernier album. Il permet aussi de présenter les musiciens et techniciens au fur et à mesure du spectacle et de combler l'absence de musiciens présents en studio. Aldebert revient sur la mise en place de cet ajout vidéo dans son spectacle.
"Je pense que le fait d’avoir travailler avec Bernard Kudlak (metteur en scène du Cirque Plume) m’a aidé dans l’écriture d’un spectacle et cette envie d’amener une nouvelle dimension au concert avec l’outil vidéo vient sans doute de là. J’avais déjà pu proposer quelques animations sur la tournée « Enfantillages » mais j’avais envie d’amener encore autre chose, utiliser cette toile comme une fenêtre sur l’extérieur pour, comme vous le dites, « créer encore du lien avec le public ». Même si les vidéos n’occupent pas une place prépondérante mais servent de « liant » aux chansons, c’est un sacré morceau à mettre en place : J’ai du imaginer les différents éléments et tourner les scénettes bien en amont, de façon à anticiper le résultat sur scène. Les présentations des musiciens sous la forme de sketchs très clippés ont pris énormément de temps en tournage et montage, même si le format reste très court. Certains titres comme le duo virtuel avec Maxime Le Forestier ou l’accompagnement par le quatuor imposent une synchro totale avec les musiciens. Une fois les problèmes techniques résolus, le médium vidéo reste super ludique et offre une véritable « boîte de Pandore » en terme d’échange Ecran / Plateau."
L'écran mis à part, la magie sonore opère dès les premiers accords. Il faut bien avouer que les musiciens sont de vieux routards et que le show demeure extrêmement pro. Hubert, le petit nouveau de la troupe, s'impose très vite comme une recrue de choix. Aldebert précise : "Avec Christophe le pianiste et Jérôme le manager, nous cherchions pour cet album et la tournée un musicien multi-instrumentiste, pas forcément un méga virtuose mais quelqu’un qui puisse occuper plusieurs postes, et Hubert m’a été présenté par Clarika lors d’une soirée parisienne (il était son batteur). Ça a collé très rapidement d’abord humainement (le plus important à mon sens) et Hubert s’est investi à fond dans les arrangements du disque et des titres en live. Il joue sur cette tournée principalement de la guitare, mais vous pourrez l’apercevoir également à l’accordéon, au chant ainsi qu’à la batterie. Il n’a pas une vision d’instrumentiste comme la plupart des musiciens mais possède un sens de l’orchestration globale fluide et efficace qui nous a beaucoup apporté sur scène et sur le disque."
Son propre et limpide, tempos maîtrisés comme jamais, bonne alternance de titres nerveux et de balades : les deux heures du spectacle passent à toute allure. On ressent une vraie énergie sur les planches, ce qui n'est pas surprenant compte tenu de l'amour que Guillaume porte envers le métal.
"J’ai toujours eu besoin d’une énergie rock sur scène bien que le répertoire soit très chanson. J’ai besoin de me dépenser et de mouiller la chemise comme on dit. Je suis toujours passionné par la scène métal et je vais de temps à autre à de grands rassemblement de groupes mythiques comme Metallica ou Iron Maiden en tant que spectateur bien sûr. Tout cela fait partie de mon parcours musical finalement."
Un mot au passage sur la performance du batteur Cédric Desmazières qui, derrière ses fûts, délivre un jeu impeccable mariant finesse et énergie. En plus d'être aux chœurs comme tout le groupe, celui que l'on surnomme Bitchon maîtrise différentes percussions donnant un véritable cachet rythmique aux compositions. Un musicien polyvalent comme beaucoup d'autres dans ce groupe qui décidément cumule tous les talents.
Portant toujours sur des thèmes chers au compositeur (amitié, jeunesse, souvenirs...), les textes du dernier album sont toujours très bien écrits. Aldebert revient brièvement sur son processus d'écriture.
"Tout se fait en même temps, j’ai besoin de poser les premiers mots, les premières mélodies sur une grille d’accords, de façon à proposer rapidement quelque chose de cohérent et de naturel si possible. Si la fusion n’opère pas, je casse tout et je recommence. J’ai toujours écrit de cette façon. J’ai beaucoup plus de mal à adapter un texte sur une musique déjà existante ou le contraire."
Laissons Aldebert conclure avec ce qu'il considère peut-être comme l'un des moments forts de sa carrière de musicien : "Je garde un souvenir très intense d’un concert en Corée du Sud où nous avions, avec l’aide d’une interprète fait chanter le public sur une chanson au moyen de pancartes avec le refrain écrit en Coréen. Ce fut un moment incroyable, je crois que c’était en 2004 ou 2005."
Voilà, c'est 'A Peu Près Tout' pour cette première d'Aldebert à La Rodia. Rappelons que son équipe et lui sont en tournée en 2012 dans toute la France. Les Francs-Comtois l'ayant loupé à Besançon peuvent se rattraper respectivement à Dijon, Belfort et Gray les 3, 17 février et 11 mai. N'hésitez pas à faire un tour sur son site officiel pour plus d'informations.
Un grand merci à Aldebert pour sa disponibilité et gentillesse ainsi que Julie Aoura son attaché de presse et Jérome Nicolet son manager et Simon Nicolas de La Rodia.
Interview réalisée par mail le 2 février 2012.
Crédit photo : Mona Awad.
+ d'info
Evénement(s) ALDEBERT
Structure(s) Aldebert
Caroline Beley
Lieu La Rodia
Oeuvre(s) Les Meilleurs Amis
J'ai 10 ans












