Thomas Hirschhorn à l’ERBA
En janvier, la Grande Galerie de l’Ecole Régionale des Beaux-Arts de Besançon accueillera l’artiste suisse Thomas Hirschhorn. Après Berne, Zurich, Londres et bien d’autres hauts lieux de l’art contemporain, l’artiste pose pour un temps ses valises dans la capitale comtoise pour rendre hommage au travail de l’écrivain Manuel Joseph. L’artiste effectuera une intervention à l’ERBA le 10 janvier à 18h. Le vernissage aura lieu le 11 janvier à la même heure. Manuel Joseph sera présent et lira ses propres poèmes.
Comme il en a l’habitude, Hirschhorn confrontera une nouvelle fois les arts visuels et l’écriture. « Je veux que la forme de cette exposition permette un voyage à l’intérieur de l’écriture, dans le « Infight » de l’écriture, dans le « infight » au quotidien d’un écrivain avec son outil et son arme – l’écriture » dit l’artiste. L’école des beaux-arts mène notamment une réflexion autour de la poésie, mettant en parallèle les démarches de l’écrivain et de l’artiste visuel. Hirschhorn convie souvent dans ses œuvres les mots des auteurs. « Ce que Thomas Hirschhorn veut nous donner à voir et à saisir c’est l’identité d’engagement qu’il partage avec son frère en création » dit encore Laurent Devèze.
L’art comme une arme de poing
L’engagement, voila un terme clé dans la carrière de Thomas Hisrchhorn. Les arts plastiques partagent avec la littérature cette nécessité de s’engager dans un processus souvent long et ardu. C’est cette volonté de donner à voir ce processus qui a incité Hirschhorn à consacrer notamment une œuvre au philosophe Foucault, car pour lui, la philosophie procède du même engagement que l’art. C’est cet engagement qui est mis en lumière dans l’exposition à l’ERBA. « Je veux aussi qu’on saisisse sa portée - quelque chose d’infiniment citoyen et politique » dit Hirschhorn du travail écrit de Manuel Joseph.
Artiste engagé, Hirschhorn pratique un art qu’il souhaite ancré dans la réalité sociale – et donc politique – des pays qui accueillent ses expositions. Des boutiques de luxe aux marchés aux puces, Hirschhorn ne connaît pas de frontières lorsqu’il s’agit d’exposer. Dans l’espace urbain, le travail d’un artiste se radicalise, dans la mesure où il est par définition à contrecourant, en rupture. En 2000, Hirschhorn évoquait à propos du lieu qui allait accueillir l’une de ses œuvres, les « forces du centre qui font impitoyablement éjecter les marges. Je veux que cet endroit puisse inclure la marge, la périphérie. Les choses non-contrôlables, inattendues ». L’artiste semble nous dire qu’une oeuvre doit être mise à mal, éprouvée par les regards, les croyances des spécialistes mais aussi des non-spécialistes.
Chez Hirschhorn, les concepts côtoient la matérialité la plus banale, sacs poubelles, feuilles d’aluminium… Là encore il s’agit de désacraliser la Pensée avec un grand P et nous la rendre plus proche. Lui qui vient des arts graphiques, où il convient d’ordonner les éléments de manière claire et concise, semble aller à l’encontre de cette démarche dans ses collages, ses empilements de feuilles photocopiées, matériaux divers, excès qui est surtout transgression et donne voix à l’œuvre artistique d’Hirschhorn.
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Evénement(s) « Exhibiting Poetry Today : Manuel Joseph », Thomas Hirschhorn
Structure(s) Institut Supérieur des Beaux Arts de Besançon/Franche-Comté (ISBA)











