Il pleut bergère au Théâtre musical

Paru dans Diversions
Publié par Paul Sobrin le 01/05/2011 - 00:00


Le mois de mai au Théâtre musical s’achèvera en musique et en danse avec une création de la compagnie Muse et Danse. Cette dernière fête cette année ses 25 ans et collaborera avec des interprètes que l’on a pu voir à plusieurs reprises au théâtre bisontin. L’occasion de découvrir la contredanse, art très codifié importé d’Angleterre au XVIIe siècle.

Sur une mise en scène et une chorégraphie de Christine de Plas, un ensemble instrumental - harpe ancienne, violon, violoncelle, luth, flûte à bec, cornemuse, piano et accordéon -  sous la conduite d'Angélique Mauillon, accompagnera les chanteurs et la compagnie dans ce spectacle qui met en lumière la contredanse. 

Cette dernière nous vient d’Angleterre – appelée là-bas Country Danse -, apparue au début du XVIIe siècle. Comparée au bal bien ordonné  de la Cour, la Country Danse apparait plus enjouée, née dans les campagnes, et attire logiquement les plus jeunes, faisant vite fureur au royaume de Louis XIV. La contredanse, ancêtre notamment du quadrille au XIXe siècle, va beaucoup voyager : à l'Opéra comme dans les campagnes, parcourant l'Europe et l’Amérique.  On la retrouve d’ailleurs aujourd’hui sous une forme célèbre : la Country Danse des cowboys. Depuis quelques années, cette discipline connaît un regain d’intérêt. 

N’oublions qu’il s’agit à la base d’une danse née dans les campagnes anglaises, même si les avis des spécialistes divergent, certains affirmant que la contredanse est belle et bien française. La contredanse signifierait dans ce cas danse en vis-à-vis. Muse et Danse nous contera donc le périple de cette danse sur des musiques de Purcell, Lully mais aussi Mozart, Weber, Wagner…

Très codifiée, la contredanse anglaise est notamment décrite par le maître à danser John Playford en 1651. En 1684 elle est introduite en France par le maître à danser anglais Isaac et le danseur André Lorin. Ce dernier invente un système de notation pour la représenter. La dimension sociale de la contredanse est en effet primodiale, danse de groupe dont on doit connaitre les pas, les schémas, mais qui ne s’adressait pas à des danseurs professionnels. L’occasion de rappeler que la danse, avant le XXème siècle, jouait un rôle plus important dans la vie de tous les jours. 

Dansée en deux lignes face à face pour la contredanse anglaise ou en quatre lignes à la française, la contredanse se compose d’entrées (ou couplets) et d’un refrain répété à plusieurs moments. Chaque entrée a sa spécificité et son nom : le rond, la main, les deux mains, le moulinet des dames, etc. La danse n’était pas un simple divertissement. Elle produisait aussi du lien social, permettrait d’exprimer des croyances, des valeurs, l’expression d’un culture.  On en aura un bel aperçu le 27 mai prochain au Théâtre musical. 

 


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Dans le cadre de Théâtre Musical, saison 2010-2011

Structure(s) Théâtre musical de Besançon (Le)
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