Spécial 50 ans: la Citadelle au sommet de son art!

Paru dans Besançon Votre Ville
Publié le 02/05/2010 - 18:44


L’obtention du « label Unesco », il y a deux ans, n’était qu’un début. La Citadelle, site majeur de Vauban, pilier incontestable du tourisme franc-comtois, souffle cette année ses cinquante bougies de vie municipale au service des touristes et des Bisontins. Ce haut-lieu de mémoire, de festivités, de balades, qui a déjà séduit plus de dix millions de visiteurs, entre dans une nouvelle ère.

Un schéma de développement global est à l’oeuvre, et un projet scientifique, culturel et touristique est en marche, qui donnera de la cohérence au site et mettra le monument à sa juste place. Lieu unique au coeur d’une ville historique, la Citadelle appartient à la Ville depuis 50 ans. L’occasion de proposer un programme d’animations inédit, et d’envisager l’avenir.

Le 28 mai 1959, le général Le Carpentier de Sainte-Opportune remettait officiellement les clés de la Citadelle à Jean Minjoz, fraîchement réélu. Un an plus tard, le 21 juin 1960, l’armée cédait le majestueux monument à la Ville, mettant ainsi un terme à plus de deux millénaires de « service militaire » du fameux site du mont Saint-Étienne. Cette année, la Citadelle fête ses 50 ans. Non pas 50 ans d’existence, mais 50 années de vie civile. Après avoir servi au fil des siècles de geôle, de logement de troupes en garnison, de théâtre d’exécution, d’entrepôt de carburant pour l’armée américaine après guerre, l’ouvrage fortifié par Vauban allait connaître un tout autre destin. Pour 500 000 francs de l’époque, la Ville était le tout nouveau propriétaire d’un ensemble immobilier de 11 hectares, refuge de rongeurs et de serpents où la végétation avait repris ses droits. Alors que des promoteurs suisses auraient aimé transformer l’endroit en caves à fromage, la Ville envisage une autre destinée, souhaitant y établir « un haut lieu de culture et de tourisme ». À l’époque, les opposants au projet s’interrogent. La Ville aurait-elle les moyens de supporter les lourds frais d’entretien, notamment au niveau des toitures ? « Noblesse oblige, répondait inlassablement Jean Minjoz. Notre cité a un devoir moral de ne pas laisser partir ce qui a été son berceau. » Ainsi, très vite, trois axes de développement sont choisis pour faire (re)vivre ce chef d’oeuvre d’architecture militaire : le tourisme, la culture et la mémoire. Premier à investir les lieux, le muséum d’histoire naturelle. Jean Ledoux, son premier conservateur, est missionné en juin 1959 pour y transférer, de l’ancienne et sombre chapelle du cardinal de Granvelle, ses collections de papillons et coléoptères et installer « des plantes, fleurs et animaux ». C’est la naissance du jardin zoologique. “Gnouf-gnouf”, un sanglier de Corse, est le premier arrivant, très vite suivi par deux crocodiles d’Abidjan, deux paons et un Uromastyx (lézard à queue épineuse). Le développement de la Citadelle est alors considérable, fulgurant, qui commence par l’inauguration de la première exposition en septembre 1959, puis l’ouverture en 1960 des premières salles du musée populaire comtois, à vocation ethnologique, cher à l’abbé Garneret. En 1969, Denise Lorach, ancienne déportée, fonde le musée de la Résistance et de la Déportation dans le bâtiment des Cadets. Plus tard, les ouvertures successives de l’aquarium Georges Bresse (1975), du premier insectarium français (1992), du noctarium et de l’espace Vauban (1996), du climatorium (2001) finissent d’imposer le site millénaire comme l’une des destinations touristiques majeures de la région. En effet, la Citadelle accueillait en 2009 son 10 000 000e visiteur…

Un demi-siècle après son retour à la vie civile et sa première ouverture au public, la Citadelle, préservée, mise en valeur, est, avec une fréquentation de 264 000 visiteurs en 2008 (et une augmentation de 32 % de sa clientèle étrangère en 2009), le site touristique régional le plus fréquenté. Une évidence, au regard du positionnement géographique stratégique de la capitale comtoise, bientôt conforté par l’arrivée de la Ligne à grande vitesse, qui élargira encore son attractivité touristique. De plus, Besançon bénéficie d’une forte concentration patrimoniale et culturelle, facilement accessible, récompensée il y a peu au plus haut niveau. Un nouveau tournant dans l’histoire du bâtiment, qui marque le début d’une période de rénovation, de restructuration et de mise en valeur. « La Citadelle doit s’affirmer comme l’emblème permanent de notre ville, souligne à ce titre Jean-Louis Fousseret. Elle surplombe son passé et veille sur son avenir. Elle est le confluent culturel de notre histoire et offre aux touristes et aux Bisontins une raison sans cesse renouvelée de venir à sa rencontre. Deux ans après l’inscription au patrimoine mondial de l’Unesco des fortifications de Vauban, nous ferons de la Citadelle le phare de notre ambition patrimoniale. C’est pourquoi j’ai récemment décidé, avec le Conseil municipal, une refonte complète de sa gouvernance. » Cette refonte trouve son origine dans un schéma de développement touristique pour Besançon et son agglomération, dont le but est d’intensifier l’accueil des visiteurs, développer les hébergements, conforter le tourisme d’affaire, s’adapter aux formes les plus contemporaines du tourisme, afin d’apporter à la capitale comtoise les réponses aux nouveaux défis touristiques. Ce schéma global, développé entre 2010 et 2016 grâce à un budget ambitieux de 34 millions d’euros, s’appuie notamment sur la mise en valeur de la Citadelle et de ses musées. « Nous devons continuer à valoriser le site fortifié avec un large programme de travaux, qui prévoit la restauration de la demi-lune 59 et la réhabilitation du Redan 159 au front Saint-Etienne, la restauration du mur d’escarpe, côté Rivotte, l’ouverture au public du souterrain appelé « communication 110 », et la mise en valeur paysagère des abords des fortifications », souligne Jean-François Girard, adjoint au Tourisme et également président de la SEM (Société d’économie mixte) de la Citadelle. Par ailleurs, le projet de la Citadelle se structurera autour d’un pôle Nature, « conforté autour du jardin zoologique centré sur la conservation des espèces menacées, de même autour du Muséum d’Histoire naturelle, toujours aussi attractif », et d’un pôle Histoire, qui « sera renforcé autour de Vauban et de son patrimoine fortifié, autour du Musée de la Résistance et de la Déportation, ainsi que du Musée ethnographique comtois », poursuit Jean-François Girard. La création d’une politique événementielle (spectacles, expositions, etc.) et le recours à des investisseurs privés pour assurer une restauration de qualité complètera le projet.

De plus, à la fin de la délégation de service public du site, en décembre 2010, une nouvelle structure de gestion unique sera mise en place. Ce sera une RAP (Régie autonome personnalisée), connue pour son efficacité et son contrôle au Théâtre Musical, à la SMAC, mais aussi aux opéras Bastille et Garnier, à Chambord ou à Versailles. « C’est une remunicipalisation du système, avec une direction unique. Toutefois le personnel municipal gardera son statut, et celui de la SEM le sien », conclut l’adjoint au Tourisme.

 

BVV de mai 2010


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Lieu Citadelle de Besançon