Rencontre avec Hellbats à l'Herbe en Zik

Rencontre
Publié par Yaël Kouzmine le 13/05/2010 - 13:42


Le groupe de punk-rock-psychobilly Hellbats nous a accordé quelques minutes avant leur show à l'Herbe en Zik 2010. A vous de découvrir ce trio détonnant !

Culture-besancon.fr :  Vous êtes tous originaires de la région ?

Tom Toxic : De Montbéliard pour deux d’entre nous, mais il y a un parisien dans le tas… (Adrien)

Adrien : Enfin, ils viennent même pas de Montbéliard, ils habitent l’aire urbaine… Les mecs ils sont pas foutus d’habiter la province, il faut qu’ils habitent en banlieue de leur province (rires). Moi je suis de Paris.

C-b.fr : Comment s’est monté le line-up actuel  ?

Adrien : Moi, ça fait dix ans que je connais Elie, on fait la même école de musique à Paris et j’ai suivi leur carrière depuis le premier album (« Fast’n’Heavy » Productions de l’impossible). J’ai toujours été amateur de leur musique, presque un fan… Alors quand ils ont dû changer de bassiste après leur troisième album, ils m’ont proposé de les rejoindre ! On se connaissait depuis longtemps et on échangeait souvent autour de la musique. Alors que j’étais pas bassiste, à l’origine je suis guitariste. J’ai vu ça comme une belle diversification !!  On a commencé à répéter comme ça, moi sur Panam, eux sur Montbéliard… Et je venais une fois par mois, quatre ou cinq jours pour les répètes et pour composer le dernier album (« One minute suicide »).

C-b.fr : Quand est sorti votre dernier disque ? Et quelle est l’évolution depuis votre album précédent ?

Elibats : One minute suicide est sorti le 15 septembre 2009. Je pense que l’album s’inscrit dans une évolution logique, avec néanmoins l’apparition de nouvelles influences.

Adrien : Je pense que c’est complètement raccord avec ce qu’ils ont sorti depuis les débuts du groupe. Il y a quatre albums, chacun n’est pas vraiment sur le même ton. Ça s’est toujours durci d’une certaine manière. Pour le troisième album, il y avait eu un changement de line-up, avec Nasty Samy, et les choses étaient bien parties punk-rock. Tom et Elibats sont le noyau dur, mais quand ils changent de bassistes, ça s’en ressent nettement sur la musique. Moi par exemple, je viens pas du tout du punk-rock ! Je suis plutôt Metal, Doom, des choses un peu plus sombres… Donc je leur ai proposé qu’on force un peu le trait de ce qui apparaissait déjà sur les albums d’avant ! Je n’ai rien changé radicalement. On a toujours eu un background rock ’n’ roll, rockabilly et punk rock, mais avec également des grosses influences métal.

Tom Toxic : Sur la scène Psycho on se démarquait déjà nettement avec ces influences métal. On était un peu les moutons noirs, qui proposaient quelque chose de différent.

Adrien : Au-delà des influences métal que vous aviez déjà, on a insisté sur des choses un peu plus appuyées, plus lentes, un côté un peu noise. On a pas tiré plus dans le trash.

Tom Toxic : Le truc c’est que je vieillis aussi… J’arrive plus à  jouer aussi rapidement qu’avant  !! (rires). Alors c’est vrai que les tempos ont un peu ralentis.

Elibats : Sur cet album, on a vraiment fait attention de créer une ambiance, un esprit. Ce qu’on avait pas forcément fait jusque-là. On voulait un truc énergique et cohérent porté par le trio. D’ailleurs ce soir, on joue tout l’album sur scène !

Tom Toxic : Jusqu’ici, avant de sortir un disque, jamais on se posait réellement la question de savoir s’il allait sonner comme ci ou comme ça… Les choses se faisaient automatiquement. Pour cet album, comme pour les autres, on voulait que ce soit un album pour la scène.

C-b.fr : Ca fait dix ans que vous tournez ?

Tom Toxic : Au départ, on s’est rencontré un peu par hasard, lui m’a dit qu’il jouait de la guitare, moi je voulais jouer de la batterie. Le lendemain, on s’est revu, on a discuté et trois semaines plus tard (grâce à mes sœurs et mes parents !!) on jouait. Notre premier concert est arrivé super tôt, en 1996. On répétait seulement depuis deux mois…

Elibats : En fait, un groupe de Montbéliard, Kryptonix, qui sont un peu nos grands frères, sont venus nous voir en nous disant : « il paraît que vous avez un groupe et que vous répétez ! Nous on sort notre premier album ces jours-ci, venez jouer avec nous ! ». On a répondu qu’on débutait seulement, qu’on jouait à peine de la guitare et de batterie. Et du coup on s’est retrouvé très vite sur scène au Cube à Audincourt avec eux. Nous, on avait l’énergie, mais musicalement c’était super léger. Quelque part c’était dans la vraie tradition punk ! On a pas réfléchi le truc, on s’est branché et on a joué ! Après on a réfléchi sur ce qu’on faisait, on a beaucoup bossé. Mais, à la base, c’était vraiment une rage spontanée, ça venait comme ça…

On a rapidement été soutenus par les Productions de l’impossible et par le label de notre bassiste Nico qui est décédé en 2006. On a pu sortir notre premier disque et petit à petit on s’est mis à tourner, dans le Nord, en Belgique, en Suisse ou en Allemagne. Après on a sérieusement bossé sur le second disque pour trouver des dates dans de meilleures conditions.
C’est vrai que depuis les débuts du groupe, on a toujours été dans une dynamique ascendante, sans vraies ruptures ! Ce qui empêche pas de nombreuses remises en question, et on sait bien que rien n’est jamais acquis !

Tom Toxic : On a pas mal tourné en Europe, mais aussi aux USA pour une tournée d’une vingtaine de dates. Pour notre deuxième album (« Dark ’N’ Mighty ») on a réussi a avoir une licence. Un mec d’un label américain nous a dit que ça l’intéressait de le sortir sur son label et de nous faire venir jouer.

Elibats : La condition c’était de tourner pendant environ trois semaines là-bas. Alors forcément on a pas dit non ! On s’est retrouvé chez lui à San-Antonio au Texas et il avait tout organisé. Les dates étaient calées, la voiture et le camion aussi et on est partis jusqu’à Los Angeles.

Tom Toxic : Il avait très bien géré le truc, tous les soirs on avait à boire, à manger et un cachet ! Ce qui est énorme pour un groupe français underground qui part jouer aux USA !

Elibats : On a eu un bon coup de chance. C’était aussi le bon moment, car la scène psychobilly était entrain d’exploser là-bas ! Et nous on faisait partie des groupes newschool, dans les premiers à avoir des solos metal à avoir des gros sons disto. Mais aussi parmi les premiers à dire qu’on était des fans de Slayer  ou de death metal, alors que dans le rockabilly c’était encore assez rigide, assez figé autour d’Elvis Presley par exemple. Nous, on apportait autre chose, de nouvelles influences et ça a bien plu là-bas.
Sur cette tournée, on a eu beaucoup de chance, mais c’était mérité. On a galéré toute notre vie, un de nos meilleurs potes est mort… Heureusement, on a aussi eu quelques trucs chouettes dans temps en temps, la tournée USA en faisait partie !

C-b.fr : Et l’Herbe en Zik dans votre parcours ?

Tom Toxic : Pour nous c’est un très bon plan. On joue près de chez nous, les copains viennent nous voir. Et c’est vrai qu’on déjà joués dans tous les gros festivals de la région.

Adrien : Ca fait partie des choses qu’ils avaient envie de faire depuis longtemps. Ils avaient déjà fait les Eurockéennes, là ça rajoute aussi une belle ligne sur le CV ! On est content d’être là, on est bien reçu et on joue sur une vraie scène avec du son et visiblement il y aura du monde !

Elibats : C’est vrai aussi que la communication fonctionne bien, il y a pas mal d’interviews qui se font ! C’est important de se retrouver ici pour la visibilité.

Tom Toxic : Je pense que le fait de nous programmer est pas lié au fait qu’on soit un groupe régional, ils se sont dit qu’on était pas un groupe débutant, un groupe qui tourne et qui produit. Ils sont venus nous chercher.

C-b.fr :  Les projets ?

Adrien : On voudrait un peu lever le pied sur les dates pour recommencer à composer du son, mais c’est pas si évident entre Paris et Montbéliard. On commence, il faut s’aménager du temps pour avancer. On hésite encore entre un album et un EP, personnellement je viserais plutôt l’album ! Côté tournée, pour le moment, l’idée c’est de faire des plans bien payés ou avec des groupes qui nous intéressent.

Elibats : On a déjà des dates calées cet été, un festival à Lure organisé par Hiero (la programmation est encore secrète). Ensuite, on joue en septembre dans un festival à Strasbourg avec Parabellum, et aussi à Angoulême et près de la Roche-Sur-Yon. On va peut-être faire une tournée au mois de septembre organisée par notre label Kicking records. Cela serait un Kicking Fest itinérant qui mette en avant des groupes du label : G.A.S. drummers (groupe espagnol), Cooper (Hollandais) et The Hop la ! (les anciens Sheriff)…

Yaël Kouzmine & Seb Grandjean

www.hellbats.com
www.myspace.com/hellbatsofficiel


+ d'info
Dans le cadre de Herbe en Zik 2010

Evénement(s) Herbe en Zik - Soirée Rock / Métal
Structure(s) Hellbats

Oeuvre(s) One minute suicide