Montres et merveilles au Musée du Temps
L’exposition « Montres et merveilles » présente l’évolution de l’horlogerie au fil des siècles, mais aussi les matériaux utilisés par les joailliers. Construite de manière chronologique, elle donne à voir au visiteur l’univers fascinant - et mystérieux - de l’horlogie : fusées et ressorts à balancier du XVIIème siècle, mouvement à ponts ou encore montres à complications.
L’exposition comporte près de 200 objets divers, liés au domaine de l’horlogerie comme des boîtiers, des plaques émaillées, l’outillage de l’horloger ou encore des documents iconographiques inédits.
Une autre partie de l’exposition est consacrée à la ville de Besançon elle-même, célèbre pour sa tradition horlogère, capitale française de la montre au XIXème siècle. On pourra admirer des collections de boîtes de montres ou encore la spécificité technique bisontine : l’établissage (montage du mouvement dans les boîtes de montres).
Les grandes heures de l’horlogerie bisontine
Besançon et l’horlogerie sont indissociables durant près de 300 ans. A la fin du XVIIème siècle, une horloge à pendule fabriquée dans le Haut-Doubs est baptisée horloge comtoise. Elle représente une industrie typique de la région durant trois siècles.
Laurent Mégevand, horloger originaire de Suisse, sera l’un des grands noms de l’histoire horlogère de Besançon. Il s’installe dans la capitale comtoise avec 80 de ses confrères. L’extension de son activité entraine la création de la Manufacture d’Horlogerie en 1793.
Peu à peu, les bisontins remplacent la main d’œuvre suisse et la production augmente de 70% en dix ans avec 21400 pièces produites en 1803. L’horlogerie franc-comtoise est née.
La production ne cesse de s’accroître, atteignant son apogée avec 500.000 pièces en 1883. En 1880, la Chambre de commerce de Besançon indique que la capitale couvre 90% de la production horlogère française. La ville est sacrée capitale de la montre française lors de l’exposition universelle de Besançon en 1860.
L’ère industrielle
La mécanisation se développe dès 1889 avec la création de manufactures de mouvement fabriquant des pièces motrices de façon mécanique. La conséquence est l’accroissement des machines à sertir et un gain de temps non négligeable. En 1901, Besançon est devenue un haut lieu de l’horlogerie avec une production de plus de 600.000 pièces. L’abbé Faivre fonde sa première école dans le couvent des Petites Carmes à Battant en 1844. L’Ecole municipale d’horlogerie est ensuite créée dans l’ancien grenier à blé (actuel Conservatoire) en 1862 et connait un succès sans précédent avec l’obtention de plusieurs prix lors de trois expositions universelles en 1867, 1878 et 1889.
Diversification
Le succès se poursuit au début du XXème siècle et 1931 voit l’ouverture d’un nouvel établissement situé avenue Villarceau, comprenant une école, l’Institut du chronomètre et une section de bijouterie. L’Ecole nationale d’horlogerie de Besançon est inaugurée
le 2 juillet 1933 par le président Albert Lebrun.
La fin d’une époque
Il faut attendre la fin de la seconde guerre mondiale pour voir l’industrie horlogère reculer, en raison du développement d’autres activités comme le textile, le bâtiment et l’industrie agro-alimentaire. En 1962, seules trois entreprises dépassent les 1000 employés (Lip, Kelton Timex et Rhodiaceta). Ces dernières ferment à leur tour entre 1977 et 1982. L’horlogerie laisse cependant la place à d’autres technologies qui font aujourd’hui la fierté de Besançon comme les microtechniques et les nanotechnologies.
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